Lyon, la maison des Canuts

Après les deux premiers volets de la balade dans Lyon, dans ce billet et celui ci, voici la visite très intéressante de la maison des Canuts, dans le quartier de la Croix-Rousse . Je ne connaissais absolument rien de la technique du tissage de la soie, et cette visite commentée et illustrée du musée m’a fait comprendre l’histoire complexe du mariage de Lyon avec la soie.  Vers 1540, François Ier accorde à Lyon par édit royal, le monopole du commerce de la soie. Le terme de « canut » désigne les ouvriers de la soie. Ils travaillaient et vivaient dans des conditions terribles dans leurs maisons-ateliers, avec leurs enfants et leurs manoeuvres. Ils vendaient leur production aux « soyeux », négociants,  et autres riches commerçants. Les canuts s’installèrent d’abord dans le vieux Lyon, mais avec les progrès des techniques de tissage,  migrèrent sur les pentes de la Croix-Rousse. En effet, le métier Jacquard, apparu vers 1800, nécessite une hauteur de plafond de plus de 4 mètres, et de nouveaux immeubles plus lumineux furent construits sur cette colline. Louis XIV et plus tard Napoléon Ier relancèrent ce commerce, avec leurs beaux habits de soie, imposés à la cour et aux bourgeois. Mais en 1831, puis 3 ans plus tard, des révoltes des canuts éclatèrent, pour une augmentation de leurs traitements et de meilleures conditions de vie. Hélas, malgré les promesses, ces révoltes n’aboutirent à aucune avancée sociale .. les révoltes furent à l’origine des revendications ouvrières en France. Vers 1850, Lyon compte plus de 100 000 métiers à tisser ! En 1875, après l’apparition du métier mécanique et le changement de la mode, le travail artisanal de la soierie déclina rapidement. Aujourd’hui, il ne reste que 6 ateliers, et ces artisans ne travaillent guère que pour les restaurations des soieries des grands châteaux et musées. Le petit musée présente des pièces de belle valeur : 49 50 Pendant la visite commentée, une animatrice nous montre le travail sur le métier Jacquard : 51 Ce sont des manoeuvres très complexes, nécessitant un sacré coup de main et une excellente mémoire ! En effet, le canut passe ses fils de couleur (navette) derrière la trame, et il ne faut pas se tromper ! (suivant le modèle) (parfois 32 couleurs différentes) : 52 53 Il y a 9 000 fils de trame : 54 55 Le carton est troué en fonction du dessin, ce qui permet de relever les fils de trame et de passer les navettes par derrière : 56 57Un dessin : 61 62 63 Navettes de fils de soie : 64Un atelier (tous habitaient cet atelier-maison, il n’y avait guère d’hygiène, les fenêtres restaient fermées, pas de soleil, les maladies étaient nombreuses) : 65 Voici quelques exemples de soieries : Pour ce morceau, classique, les canuts travaillaient environ 18 heures par jour pour 30 cm ! 58 59 et pour 3 cm de ce velours de soie de toute beauté, il fallait une (très) grande journée de travail .. 60Aujourd’hui, Lyon a poursuivi l’excellence des métiers de la soie, en s’adaptant aux nouvelles technologies résultant de ce savoir faire (fibre optique, kevlar, produits de grande technicité, etc..). A Lyon se trouve également l’université de la mode, et l’ESMOD, et produit également les fameux carrés Hermès.  

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Hervé+MARTIN
Invité

Je suis devenu « savoyard d’adoption » en 2001, mais je n’ai jamais vraiment quitté Lyon…
C’est un plaisir de le retrouver chez toi !
Merci Catherine,
Amitiés

Catherine
Invité
Catherine

je suis ravie de savoir que tu es lyonnais, c’est une superbe ville que je découvre petit à petit, et il y a tant à voir! je suis contente de savoir que mes reportages te plaisent! merci et bonne soirée, un bonsoir des plats pays aux montagnes de ton pays d’adoption!