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Hiroshima, « Cité de la Paix » résiliente et résistante

En octobre 2017, lors de notre voyage au Japon, nous avons visité Hiroshima, cette ville incroyable, martyr mais si moderne et si vivante maintenant.

Aujourd’hui est le 74ème anniversaire de l’anéantissement de Hiroshima par la bombe atomique à l’uranium, lâchée sur cette ville martyr à exactement 8H15 par un bombardier américain.

Il ne reste que quelques endroits en ville où l’on trouve des vestiges du cataclysme du 6 août 1945.

Je ne vous présenterai de cette ville que le parc du Mémorial de la Paix.

Voici l’ancienne Chambre du Commerce de la ville, seul bâtiment qui soit resté debout :

Pourquoi cette bombe a t’elle été larguée, alors que le Japon était déjà sur la voie de l’anéantissement?

Le Japon, privé de ressources en vivres et bombardé continuellement par les Américains (ils ont rasé des dizaines de villes dans les mois/semaines précédents), était déjà moribond.

Même les briques sont restées à terre :

Les Américains voulaient témoigner de la force et de la puissance de leur pays, et le largage de la bombe était selon eux un mal nécessaire.

Les Japonais avaient demandé par voie diplomatique la négociation de la capitulation de leur pays à l’URSS (qui n’était pas en guerre contre eux). Cela ne leur a pas été accordé.

La stèle :

Hiroshima a été choisie à la place de Kyoto (et son trésor culturel) parce qu’un ministre ayant passé sa lune de miel à Kyoto voulait la préserver. 🙁

Hiroshima était pourtant aussi une magnifique ville de traditions …

Dans le musée de la Paix, un modèle réduit de la Chambre du Commerce avant la bombe :

Avant la bombe :

Après : 🙁

Quelques dizaines de mètres plus loin, le monument de la Paix des enfants, rend hommage à une petite fille de 12 ans, décédée en 1955 d’une leucémie à Hiroshima. Elle vivait à Hiroshima et avait 2 ans lors de l’explosion de la bombe.

Sadako Sasaki avait avant sa mort confectionné en origami presqu’un millier de grues, parce que parait il, plier 1000 grues permet d’exaucer un voeu (celui de guérir pour la fillette). Hélas son voeu ne fut pas exaucé, et depuis, tous les enfants du monde plient des grues et les envoient à Hiroshima :

La voici à gauche :

Des milliers de grues en origami :

Tous les rapports ont montré que les militaires et le gouvernement japonais savaient qu’une bombe atomique allait être lâchée sur Hiroshima, mais personne n’a prévenu la population.

Plus loin, la Flamme de la Paix, qui ne s’éteindra que lorsqu’il n’y aura plus de risque de guerre nucléaire dans le monde :

Le cénotaphe, monument mortuaire élevé à la mémoire de tous les morts (au fond, le Musée de la Paix) :

Le lundi 6 août 1945, la bombe a été larguée sur Hiroshima, et elle explosa à environ 600 mètres de haut, à quelques 300 mètres du pont en Y prévu à l’origine.

On aperçoit le dôme de la Chambre de Commerce et la Flamme de la Paix à travers le cénotaphe :

La bombe tua de fait 80000 personnes en un éclair, et le champignon atomique se forma très rapidement (17 km de haut). Ce nuage recouvrit la ville entièrement. 10 KM² de la ville furent pulvérisés en un instant. Les incendies se déclarèrent partout.

Une pluie noire, radioactive, tomba sur la ville, venant du nuage. Elle contaminera tous ceux qui la boiront, les puits, la rivière, les sols, etc..

Dans la parc, se trouve aussi le Musée de la Paix, où l’on trouve nombre d’objets souvenirs de cette journée du 6 août 1945. On peut également y suivre de la vulgarisation scientifique au sujet du nucléaire, mais à mon avis, c’est un voeu pieux de penser qu’un jour il n’y aura plus rien de cette horreur sur terre.

La visite est très émouvante et difficile parfois à supporter.

Ici le pont en Y qui était visé à l’origine :

Ce petit garçon, agé de 3 ans et demi, faisait du vélo devant sa maison au moment fatidique. Il mourut très vite, mais son père donna 40 ans plus tard son vélo au musée.

L’ « ombre » d’une personne désintégrée au moment de l’explosion :

L’enfer pour les survivants va commencer.

La suite, vous la connaissez.

L’heure du désastre :

Une deuxième bombe au plutonium, sera lâchée sur Nagasaki, encore une fois, absolument inutilement. Elle fit 40000 morts en un instant.

Plus tard, je vous emmènerai sur une ile superbe, située juste en face d’Hiroshima :

Cette visite fut particulièrement pleine d’émotions pour moi.

Pas triste, non, mais empreinte de colère et de chagrin.

A bientôt!

Bonne soirée à tous.

Notre-Dame de Paris

Je suis bien triste ce matin, après avoir vu la toiture de Notre-Dame brûler toute cette nuit.
Il parait que la cathédrale est sauvée, mais on en sera complètement sûrs que lorsque les experts auront évalué toutes les dégradations.

Les dégâts semblent immenses.

J’espère seulement que l’on pourra reconstruire la charpente, les 1300 poutres séculaires en chêne qui ont brûlées sont pourtant irremplaçables.

Je suis agnostique, mais très émue par cet affligeant spectacle que l’on découvre sur les écrans.

Pour se rappeler la beauté de cet édifice qui a eu, il y a peu de temps, 850 ans, je poste quelques photos prises il y a quelques années. Les premières sont prises depuis de Seine.

La voici, photo de ma fille S., prise en fin d’après midi hier 16 avril 😥 :

Dans la salle du Trésor, il y a  (avait?)  une exposition de tous les camées des Papes depuis Saint -Pierre.

J’aime beaucoup ces toutes petites sculptures.

Voici le Pape polonais, Jean-Paul II :

Une relique :

Dommage, mais les photos sont floues…

Passez un bon après midi,

à bientôt 🙂 

 

 

Quelques jours en Normandie

Nous avons profité du jour férié du 15 août et de son « pont » pour aller faire un petit tour en Normandie du Nord (je veux dire au dessus de Caen 🙂 ) que nous ne connaissions pas.

Attention, un billet aussi long qu’un jour sans pain. Vous en avez pour un moment à le lire !

Premier arrêt, Houlgate, sa plage, ses bois et ses collines :

Puis direction Le Havre par le pont de Normandie, impressionnant :

Le premier arrêt au Havre est pour l’église Saint Joseph, dessinée après la 2ème guerre mondiale par Auguste Perret (1874/1954). Cet architecte belge va reconstruire tout le centre du Havre. La ville a été détruite à 80% en septembre 1944, par les bombardements alliés et les dynamitages des occupants allemands.

Cette église, extrêmement dépouillée, sans fioritures, est étonnante.

J’ai l’impression d’y voir un gratte-ciel new yorkais 😛  ou peut être une fusée ?

Les vitraux de marguerite Huré, sont très colorés, et la lumière qu’ils diffusent joue joliment dans l’église.

Vous remarquez les sièges cinéma inattendus en cet endroit, de cette « cathédrale » magique:

Ensuite, une promenade le long de l’avenue Foch, la plus large d’Europe, nous amène dans le square Saint-Roch, tout à côté de la mairie.

La voici, cette mairie, toujours dessinée par Perret, qui semble très austère, mais devant elle, une agréable place, bien fleurie, la rend presque belle. La tour et les bâtiments sont construits en béton brut.

Un petit bassin est posé sur l’esplanade :

Le clocher de l’église Saint Joseph, vu depuis la place de la mairie :

Tout autour de la place, on reconnait les immeubles caractéristiques construits par Perret, dont les appartements étaient pour l’époque d’avant garde, avec toutes les commodités possibles, espace, chauffage collectif, isolation phonique et thermique, garages, etc..

Puis la route nous conduit vers Etretat et ses fameuses falaise de craie.

Etretat est, à l’origine, un petit village de pêcheurs , mais complètement submergée par les touristes en été. Dommage !
Conseil d’amie :  ne surtout pas aller en Normandie le 15 août, il y a un monde fou et privilégier le hors vacances scolaires !

La falaise d’Aval vue depuis la plage de galets de la digue-promenade, le Perrey  :

Après une petite grimpette et une promenade le long des falaises, voici la vue de l’autre côté : (on aperçoit Etretat dans le creux entre les falaises d’Amont et d’Aval, avec ses toits en ardoises).

La falaise d’Amont avec sa petite chapelle ND de la Garde (contrechamps de la première photo) :

Nous voici sur le haut de la falaise d’Amont :

La petite chapelle et en arrière de celle ci, le monument dédié à l’avion l’Oiseau Blanc de Nungesser et Coli, aperçu pour la dernière fois à cet endroit le 8 mai 1927. Il devait rejoindre sans escale l’Amérique, mais malheureusement il se perdra en mer.

La falaise d’Amont :

Une sympathique vache normande :

Le lendemain, route du cidre, en pays d’Auge, incontournable en Normandie, pour admirer les superbes villages de la boucle de 40 KM.

Voici le très beau village de Beaumont-en-Auge :

Sous le passage couvert, surprise, quelques nids d’hirondelles (pas vu les occupantes), devenus bien rares :

Bonnebosq :

Le clocher de l’église de Cambremer (j’adore les clochers 😛 ) :

 Dans ce village pittoresque, nous avons visité un jardin très plaisant, les jardins du pays d’Auge:

Et une cidrerie. La visite fut très intéressante, la fabrication de cidre, pommeau et de Calvados (à déguster avec modération 😉  s’apparente à celle du whisky écossais:

Poursuivant nos activités de découverte, première course en « vrai » à l’hippodrome de Clairefontaine à Deauville. Un monde inconnu pour nous !

Une soirée à Honfleur, charmante cité sur la mer, envahie de touristes affamés, juste en face du Havre :

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans le magnifique village de Beuvron-en-Auge.

Les touristes et les voitures sont légion :

Et cerise sur le gâteau, la visite du jardin de Castillon, un jardin enchanteur, où nous nous sommes ressourcés au calme et seuls. Je ferai un billet plus tard à son sujet.

Bye, bye, Normandie !

Pour ce séjour, nous avons été reçu avec beaucoup de sympathie par Chantal et son époux dans une maison d’hôtes superbe, Par Hasard ou pas, près de Deauville. Une belle normande rénovée, une décoration de charme, sans tape à l’oeil, élégante, et surtout un petit déjeuner copieux, délicieux et fait maison, avec des gâteaux frais du matin !

Je voulais le signaler, car sans Florence, du blog Le blog de Goumy (que je lis et apprécie depuis certainement 10 ans) nous aurions remis aux calendes grecques un voyage en Normandie. En effet l’an dernier, sur son blog, j’avais « gagné » une nuit chez Chantal et Olivier, et j’ai prolongé ce séjour pour profiter de cette Normandie qui a si bien séduit. Merci Florence !

Voilà, vous êtes conquis par la Normandie ?

Passez une belle journée et à bientôt 🙂 

 

 

 

Curiosité à Lyon, les murs peints

Nous étions récemment à Lyon, et pendant une balade sur les pentes de la colline de la Croix Rousse, nous avons pu admirer un magnifique trompe-l’oeil, peint sur un meuble aveugle de 1200 m2, le plus grand d’Europe, au croisement du boulevard des Canuts et de la rue Denfert Rochereau (métro A sortie Hénon).

(à la première impression, je me suis demandée pourquoi il y avait une grue qui défigurait la perception, mais elle est bien peinte ! et les immeubles aussi .. je pensais qu’ils dominaient en arrière le mur !)

Ce mur a été peint une première fois en 1987 pour cacher le mir aveugle, puis rénové déjà deux fois, en 1997 et 2013, par la même équipe talentueuse, les artistes de CitéCréation .

 

A chaque rénovation, les habitants sont « vieillis » (par exemple, le jeune homme qui portait son vélo en 1987 a été peint jeune papa dix ans plus tard, avec son enfant), et les peintres tiennent compte des changements dans le quartier.

Cette jeune fille aussi a été vieillie :

Ce mur peint représente en fait le quartier de la Croix-Rousse, quartier des « Canuts », les ouvriers qui travaillaient la soie au 19ème siècle, quartier qui évolue au fil des années.

 

On y voit les immeubles typiques du quartiers avec leurs hautes fenêtres et leurs plafonds de 4m de haut destinés à accueillir les métiers à tisser.

Un petit coup de pub pour les commerces :

L’escalier permet de gravir la colline, et donne un effet de profondeur incroyable …

Sous le porche, quelques photos et explications :

Incroyable, non, cette rénovation du mur ?

Voici l’arrière du mur, une banale maison lyonnaise :

Plus bas, sur les rives de la Saône, (au croisement de la rue de la Martinière et du quai Saint-Vincent), un autre mur peint, consacré aux Lyonnais célèbres :

Vous les avez tous reconnus, n’est ce pas ? 🙂 

En tout cas, des découvertes très originales ! Il y a de nombreux autres murs peints à Lyon, à vous de les découvrir !!!

(il ya des murs peints dans de nombreuses villes, nous avons visité le village de Chemainus,  sur l’ile de Vancouver dont tous les murs sont peints, c’était très chouette)

 

Et puis, comme chaque début de mois, le point météo :

En avril 2018 :

Les températures matinales sont sensiblement aux alentours de 10°C tout le mois, (sauf le 1er avril, poisson d’avril! 0°C ) et il a fait entre 10 et 15°C dans l’après midi, sauf du 17 au 22 avril, un coup de chaleur avec maxima de 27,4°C !

Il a très peu plu, 35,6 mm, soit rien du tout!

En avril 2017 :

Comme en avril 2018, les températures matinales sont sensiblement aux alentours de 10°C, (sauf en fin de mois, il a gelé 2 jours ), les maxima sont entre 14 et 24°C, sauf un jour en milieu de mois, et il a fait du 5 au 22 avril, bien chaud (maxima de 23,6°C).

Le mois a été très sec, 16 mm d’eau de pluie en tout !! la sécheresse s’annonçait déjà … 😥 

En avril 2016 :

 

Un mois relativement froid dans la matinée, il a gelé plusieurs fois, et la température de l’après midi a été très régulière autour de 15°C, avec un petit pic à 20°C du 19 au 21 avril.

Encore un mois d’avril avec très peu de pluie, 25 mm, il n’a pratiquement pas plu du mois …

 

En Avril 2015 :

Ce mois ci, pas de gelées, comme les mois d’avril suivants, matinales en dessous de 10°C, mais les maxima sont bien plus élevées, avec des pointes à 26°C en milieu de mois, sur une semaine environ.

Il a plu très raisonnablement, 45 mm, mois le plus arrosé (et encore 😛 ) et je remarque que comme en 2016 et 2017, c’est lors de la fin du mois qu’il pleut le plus !

Voilà, je vous souhaite une très bonne fin de semaine et un joli pont !

 

Tintin !

Récemment, je suis allée visiter l’exposition au Grand Palais, à Paris, sur Hergé, le génial dessinateur belge de Tintin (de son vrai nom Georges Remi).

Localisation

Si cette exposition m’a passionnée (Tintin a été et reste un de mes héros de BD préférés) (j’ai gardé mon âme d’enfant), je la conseille surtout à ceux qui comme moi, sont des lecteurs enthousiastes de ce genre de BD.
Je ne sais pas si les plus jeunes lisent encore ces BD un peu datées .. qu’en pensez vous?

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Hergé, peint par Andy Warhol en 1977 :

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Il a fallu de nombreux croquis à Hergé pour obtenir une planche de BD, voici un aperçu de son travail :

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Tintin a un joyeux caractère même pendant les pires catastrophes (fresque sur un mur) :

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Le premier album de Tintin parait en 1929 dans le supplément « Le Petit Vingtième »  du journal belge « Le Vingtième Siècle » :

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Un détail d’une BD que j’adore tout particulièrement, tellement Milou, le fidèle fox-terrier de Tintin, semble vivant :

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Dans l’exposition, il y a quelques maquettes, toutes assorties à une BD, dont celle ci :

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Un mur immense, placardé de couvertures de BD dans toutes les langues (plus d’une centaine de traductions) :

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Tintin a la mauvaise habitude de se trouver toujours dans des endroits absolument improbables et dangereux 🙂 :

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Voici la maquette de Moulinsart, le château du capitaine Haddock, le meilleur ami de Tintin. Son architecture a été inspirée du château de Cheverny, dans le Loir et Cher (photo sur le mur du fond) :

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Hergé avait d’autres activités, dont celle de dessinateur de publicités :

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L’expo se termine :

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J’ai apprécié cette exposition sur Hergé et Tintin, même si j’avais quelques connaissances sur ce dessinateur talentueux et sur Tintin. Mais le cheminement dans l’expo montre l’évolution de ce petit personnage un peu énigmatique, et surtout les progrès d’Hergé dans l’élaboration, la mise en page, la recherche en amont des lieux, la finition des planches, et c’est cela qui m’a beaucoup plu.

Mais j’ai eu un petit pincement au coeur, en apprenant qu’Hergé avait quelques collaborateurs qui remplissaient les « vides » dans les cases des planches des BD 😥 .

Hergé a publié 23 album, le dernier en 1976, Tintin et les Picaros.

Hergé : 1907 – 1983.

A vous de vous faire une opinion, si vous avez l’occasion d’aller voir cette exposition.

Bon dimanche !

Château de Suscinio

Une belle journée s’annonçant, nous sommes partis en vadrouille dans la presqu’ile de Rhuys, qui ferme le côté sud du golfe du Morbihan.

Avec dans l’idée d’aller visiter le château de Suscinio, situé sur la commune de Sarzeau, entre marais et plage, dans le sud de la presqu’ile.

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Cliquez sur les photos.

Le château vu du marais :

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Cette belle bâtisse existe depuis le début du 13ème siècle, édifiée sur les ruines d’un prieuré, dans les marais de la presqu’ile de Rhuys. Le château a été construit au milieu des bois (« Suscinio » viendrait de « souche d’arbre » ou de « au dessus du marais »), où le gibier (chevreuils, sangliers, cerfs) abondait, ainsi que les poissons, tant la presqu’ile est riche en marais et rivières.

Malgré son allure de forteresse, le château n’a jamais eu une fonction militaire.

C’était une des résidences préférées des ducs de Bretagne, du début du 13ème siècle, jusqu’au milieu du 15ème siècle, où les ducs préfèrent alors Nantes à Suscinio.

Le château n’était occupé que quelques jours par an, et en dehors de ces périodes, il était complètement vidé de son mobilier, des tentures, de la vaisselle, qui voyageaient avec la cour des ducs de Bretagne (« hôtel » du duc : toute sa cour, « tinel » : partie de la cour qui suit le duc dans ses voyages).

Passé à la couronne de France, il est peu à peu abandonné et, faute d’entretien, il devient une ruine.

Le voici fin 19ème siècle :

B C

F

Après la révolution, en 1798, il est exploité comme carrière de pierres, et toutes les menuiseries sont vendues (poutres, fenêtres, portes, etc..).

En 1840, sous Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments, il est classé dans la catégorie « ruines ».

En 1965, le département du Morbihan l’achète et s’ensuit 30 années de restauration.

Travaux de consolidation des bâtiments, re-creusement des douves en 1968, réaménagement du logis est de 1977 à 1984, toitures à l’identique du logis ouest entre 1994 et 1997 et du logis est entre 1999 et 2001 (des archives précises sur la nature, les matériaux utilisés, ont permis la restitution fidèle).

Le château vu de la plage :

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Le château de Suscinio a retrouvé sa forme de forteresse médiévale.

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Voyez les cerfs sculptés sur les armoiries au dessus du pont levis :

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La visite du château commence par le logis est.

Dans le logis est, chacun des 3 étages s’organise autour de 3 salles principales, la grande salle, la chambrer à parer et la chambre de retrait. On y trouvait dans chaque pièce des latrines, et au niveau de la chambre du duc, une étuve, chauffée comme chez les Romains, par le sol !

La cheminée de la grande salle du 1er étage :

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On a retrouvé dans le château de petits trésors (du moins à mes yeux), une grande jatte et un bol quadrilobée :

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Le connétable Olivier de Clisson :

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L’escalier ducal :

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La chambre de retrait du duc (sorte de cabinet privé). On y trouve une grande cheminée, et des fenêtre à meneaux et coussièges ( sièges en pierre recouverts de coussins où les femmes venaient coudre à la lumière du jour) :

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Dans la grande salle du 2ème étage, très lumineuse, lieu de représentation, on remarque un petit gradin sous une fenêtre décorée de quadrilobes. On y exposait les plus belles pièces d’orfèvrerie :

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En face une cheminée, (avec thermostat, bien sûr, repéré tout de suite par mon chéri, 😛 ), et au fond, l’ouverture vers la chapelle :

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Des fouilles archéologiques, autour du château, ont découvert en 1975, dans les restes d’une chapelle hors-les-murs, incendiée en 1370, un pavement absolument superbe, d’environ 270 m2 et composé de 30 000 pavés. Ceux ci ont été restaurés et une partie est exposée dans une salle du logis :

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Une petite expo explique l’origine des pavés tout au long des siècles :

De haut en bas et de droite à gauche: les plus anciens, de type angevin, réservés aux églises et édifices somptueux, puis les carreaux de moins bonne qualité, mais de même type, les décors de faïence, cuits à très haute température, (dessins d’animaux étranges ou de personnages) et enfin les décors muraux, peints directement sur les murs.

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Dans la cour, les fouilles continuent, et on aperçoit un petit bout de la courtine nord (chemin de ronde) et le logis ouest :

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La tour du logis ouest, depuis la courtine :

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Un gros travail : la pose des ardoise (made in Bretagne) :

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L’étang (8 ha) :

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La tour de l’épervier :

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Le logis est, la cour, « habillée « de plusieurs bâtiments qui ont aujourd’hui disparu, (regardez la cheminée au dessus du vide à droite) et le puits :22

Les travaux continuent dans le logis ouest. C’était une résidence d’alliés et d’invités, il sera ouvert au public cette année :

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Sous la courtine nord, un bâtiment existait, il est en cours de fouilles :

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Le logis sud, encore en ruines :

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Si vous êtes arrivé(e) jusque là, bravo !!

C’est la qualité de la restauration que je voulais mettre en valeur en plus de la beauté de ce magnifique château, et j’espère que vous aurez ainsi envie d’aller le visiter !

Bonne journée !

D

 

Lac de Guerlédan,

Localisation

Un petit tour au Lac de Guerlédan, en centre Bretagne, près de Mur de Bretagne,  pour l’assec du lac 2015.

Pour info, une photo du lac, prise sur le site :

lac de guerlédan

Habituellement c’est une très grande retenue d’eau dans la vallée sur le lit du Blavet, après la construction du barrage de 1924 à 1930, une gageure pour l’époque !

Au fond du lac, d’une superficie de 304 ha, de 12 km de long et d’une profondeur au plus bas de 40 mètres, se trouvent des carrières de schistes (ardoises), les 17 écluses qui permettaient le passage des bateaux sur le Blavet, et les maisons éclusières.

Pour contrôler et entretenir les parties immergées du barrage, on assèche régulièrement le lac (lors du précédent assec, en 1985, deux millions de visiteurs étaient venus découvrir l’ancienne vallée).

Le Blavet retrouve ainsi son ancien lit, ponctuée des 17 écluses.

En novembre, on refermera les vannes du barrage, et la vallée de Guerlédan sera à nouveau submergée. Apparemment, c’est la dernière fois que le lac sera vidé, les prochains contrôles du barrage se feront par voie sous-marine!

 

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Depuis l’anse du Sordan, une plongée vers le lac asséché :2

Les bateaux sans vie !

 

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Une vue vers la maison éclusière du Pouldu (tout au fond) :5

Méfiance, bien cheminer sur le sol sec, nous avons vu un homme s’enfoncer jusqu’aux genoux dans la vase !6

L’écluse en arrière (la bonne conservation est étonnante, sous 40 mètres d’eau depuis des décennies) :7

 

 

L’eau du lac est au niveau des arbres lorsque le lac est rempli :8

En avant de l’ancienne écluse :8A

Les arbres sont très bien préservés par l’eau :9 10

Le verger de pommiers de la maison éclusière :11

La maison éclusière du bois du Pouldu :12

Les 2 écluses vues du chemin de la crête :13 14

L’entrée des anciennes carrières d’ardoises :15

Le chemin de crête : 16 16A 18

La chapelle Sainte-Tréphine (au dessus du lac) :

 

 

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Un beau panorama depuis la terrasse derrière la chapelle :20

L’anse de Guerlédan, près de Mur de Bretagne :21

L’énergie électrique produite par le barrage (de 45 m de haut) sur le Blavet permet la consommation annuelle d’une ville de 15 000 habitants (vue partielle) : 22

Une belle promenade sous le soleil et dans la chaleur !

 

Bon après midi !

 

Côté visite

Ce printemps, j’ai visité le château des ducs de Bretagne à Nantes, pendant l’exposition dédiée à la présentation du reliquaire d’Anne de Bretagne .

Au début du 13ème siècle, le « Chastel de la Tour Neuve » est édifié sur la muraille gallo-romaine (encore visible)  de la cité des Namnètes, le long de la Loire à l’est de la ville par Guy de Thouars . Il sera agrandi et modifié au cours du 14ème siècle.

Ce château sera ensuite détruit et reconstruit après 1 466, par le duc de Bretagne, François II .

Sa fille, la duchesse Anne de Bretagne, deux fois reine de France par ses mariages successifs à Charles VIII et Louis XII, achèvera la construction de ce beau logis .

(cliquez sur les photos)

(photo aérienne prise sur le net 🙂

château(le tramway a remplacé la Loire qui coulait à l’origine au pied du château)

Faisons d’abord le tour de ce magnifique édifice :

3A gauche, la tour des Jacobins :

4A droite, la Tour du Fer à Cheval, à gauche, le Harnachement :

4ALe vieux donjon, tour octogonale du 14ème siècle, survivant du « Chastel de la Tour Neuve » :

5Voici une des 3 entrées du château :

Elle possèdait 2 portes protégées par des ponts-levis à bascule, une grande pour le passage des charrettes et des chevaliers, et une petite pour les hommes à pied .

1Entrée entre la tour du Pied-de-Biche et de la Boulangerie, surmontée du campanile :

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Le Grand Logis, majestueux, avec la tour de la Couronne d’Or :

Construit en en pierres de tuffeau, de style gothique flamboyant. Il porte les premières marques d’inspiration Renaissance :

6On aperçoit en haut les logias de la tour de la Couronne d’Or :

7A gauche, un bâtiment militaire, le Harnachement, édifié par Louis XVI, pour servir de dépôt d’armes et de munitions . Il est aujourd’hui un lieu d’expositions .

A droite, le petit pavillon Renaissance, construit par François I,  gendre de Anne de Bretagne, le logis de Roi ou Petit Gouvernement, a reçu ensuite la visite de tous les rois jusqu’à Louis XIV .

Le roi Henri IV y signe l’Edit de Nantes .

8L’Edit de Nantes :

24L’Union perpétuelle entre la Bretagne et le Royaume de France :

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10La montée aux remparts, qui font le tour du château et passent même par les combles du Petit Gouvernement :

11Les 500 mètres de chemin de ronde sur les remparts fortifiés offrent des points de vue sur les bâtiments, la cour, les douves, mais aussi sur la ville .

Ici, la Tour Lu :

tour LuAu centre en arrière, des remparts, on voit la belle cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, et dans la cour, à droite, la Conciergerie, devant le Vieux Donjon :

12Le tramway, le long des douves :

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14La Tour du Fer à Cheval :

15Une jolie gargouille :

16Une vue depuis les remparts sur le Grand logis :

(à droite, la Conciergerie, à gauche, le Harnachement)

17Le (très ) vieux Donjon :

18Une vue depuis les loggias :

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Demain, la suite de la visite, à l’intérieur du Grand Logis, qui abrite actuellement le « Musée d’histoire Urbaine » de la ville de Nantes .

Musée de la Marine

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J’ai vu il y a quelques jours, l’exposition « le voyage de l’Obélisque » au Musée de la Marine à Paris,

qui raconte l’extraordinaire odyssée de cet obélisque de la place de la Concorde à Paris depuis Louxor en Egypte jusqu’à sa place actuelle.

affiche

Au XIIIe siècle avant J-C. à l’entrée du temple de Louxor en Egypte, furent édifiés 2 obélisques, sur lesquels ont été gravés les exploits du Pharaon Ramsès II.

obélisque 3

il faut imaginer l’Obélisque (de Paris) jumeau de celui ci, de l’autre côté de la porte du temple en 1829

Ces 2 obélisques furent offerts à la France, grâce à l’aide de Champollion, par le vice-roi d’Egypte en 1829.

Seul l’obélisque occidental fut transporté à Paris, il mesure presque 23 mètres et pèse entre 220 et 230 tonnes (pour la petite histoire c’est le président Mitterrand qui « rétrocéda » à l’Egypte le second obélisque, qui était resté français!).

obélisque (2)

L’obélisque fut transporté sans dommages, sur un navire spécial, le « Luxor » de Louxor à Paris. Le bateau a descendu le Nil, a traversé la Méditerranée et l’océan Atlantique remorqué par le « Sphynx », navire à vapeur, et enfin a remonté la Seine depuis Rouen tiré par des chevaux de halage.

Ce fut une aventure extraordinaire et les ingénieurs et les marins sont les héros de ce voyage étonnant. Les dessins du lieutenant de vaisseau de Joannis sont un témoignage rare de cette aventure. L’ingénieur de la Marine, Apollinaire Lebas,  imagina et conçut les machineries. Il dirigea à Louxor, en Bretagne, à l’Aber-Ildut, et à Paris toutes les opérations de déplacement de l’obélisque et de son piédestal (en granit de Bretagne .. ouioui ) .

obélisque

Érection de l’Obélisque de Louxor, 25 octobre 1836

 De passage sur cette place, j’ai pris quelques clichés de cet étonnant obélisque, qui a mis 7 ans de 1 829 à 1 836 pour rallier Paris depuis le temple de Louxor.

Gravées à l’or fin sur le piédestal, les aventures de l’obélisque qui est descendu de son piédestal égyptien et embarqué sur le bâteau « Luxor » :

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 Egalement gravée sur le piédestal, l’histoire du halage, du virement et de l’érection de l’Obélisque sur la place de la Concorde en 1 836 :

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Erection de l’obélisque le 25 octobre 1836 en présence du roi Louis-Philippe :

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Sur un des côtés, on aperçoit une longue fissure de 8 mètres de long, fissure découverte à Louxor, mais qui n’a pas fragilisé l’obélisque :

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En 1937, l’obélisque est classé Monument Historique.

Le 14 mai 1998 un pyramidion en bronze doré coiffe le sommet de l’obélisque.

L’obélisque se trouve sur la place de la Concorde, à mi chemin  entre le Palais de l’Assemblée Nationale (de l’autre coté de la Seine)  et l’église de la Madeleine :

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le palais Bourbon

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la Madeleine

De la place de la Concorde partent les Champs Elysées, avec au fond l’Arc de Triomphe, obélisque (13)et de l’autre côté se trouve le jardin des tuileries, les Tuileries et le Palais du Louvre avec sa pyramide de verre :

obélisque (14)

Enfin, au musée d’Orsay, pas très loin de cette place, se tiennent 2 expositions, sur deux artistes extraordinaires, Vincent Van Gogh et Gustave Doré :

van gogh

doréJe ne peux que vous recommander d’aller voir ces 2 expositions, elles sont remarquables.

Vincent Van Gogh est bien sûr le plus connu, toutes ses toiles sont des chefs d’oeuvre, mais Gustave Doré a un talent fou, c’est un prodigieux créateur !

Il s’est essayé sur de nombreux supports, sculptures, peintures, aquarelles, gravures, illustrations, caricatures .. j’ai vraiment adoré ses peintures de lacs en Ecosse, plus vraies que nature et si  romantiques  !

(pas de photos)

Paris, Les Catacombes.

 

Samedi dernier, nous avons visité les Catacombes de Paris, un voyage sous terre assez extraordinaire.

Localisation

Cliquez sur les photos.

catacombes (1)Il y a 45 millions d’années, Paris se serait trouvé au milieu d’une mer tropicale, où se sont accumulés de sédiments devenus au fil du temps du calcaire (période géologique du lutécien).

Pour preuve, une petite exposition à l’entrée de l’ « ossuaire » nous montre des fossiles découverts au niveau de ces galeries :

catacombes (8)

moulage du fossile campanile giganteum, à peu près 30 cm

Les Romains, puis les habitants de Paris, à partir du 13ème siècle, ont exploité ce calcaire pour construire maisons, églises, cathédrale et palais de la ville de Paris.

De cette époque datent ces galeries d’anciennes carrières, à environ vingt mètres sous terre.

Ces carrières servent d’ « ossuaire » à environ 6 à 7 millions de Parisiens, dont les restes ont été transférés entre la fin du 18ème siècle et le milieu du 19ème siècle, au fur et à mesure de la fermeture des cimetières pour raison d’insalubrité.  Le premier fut le cimetière des Innocents (l’actuel quartier des Halles) en 1785.

Certaines personnalités célèbres reposent ici, notamment François Rabelais, Jean de la Fontaine et Charles Perrault, ou encore Jules Hardouin-Mansart, Lavoisier , Madame Elisabeth , Danton et Robespierre.

catacombes (2)La première partie de la visite (environ 1 km) se fait dans les galeries abandonnées des carrières, sur environ la moitié du chemin.

On y remarque de curieuses inscriptions sur les murs (gravées à l’époque où ces carrières de la Tombe-Issoire ont fait l’objet de travaux de consolidation de soutènement des galeries).

G = architecte inspecteur Gentil en 1878 .

catacombes (13)Au milieu du parcours, des sculptures de Port-Mahon, oeuvre du carrier Décure, un ancien soldat qui avait été retenu prisonnier dans cette ville à Majorque.

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catacombes (5)Voici la fin des galeries, ensuite commence le parcours dans l’ « ossuaire » :

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catacombes (7)L’entrée de l’ « ossuaire » :

« Arrête, c’est ici l’empire de la mort » (inscrit sur le fronton) :

catacombes (9)Les ossements sont disposés de façon « romantique », les os longs et les crânes cachent les restes des squelettes entassés en arrière.

Cet ossuaire a environ une surface de 11 000 m2 (plus d’un hectare!), le parcours est d’environ 800 mètres.

catacombes (11)Voici dans la crypte de la passion, le « tonneau », un assemblage de crânes et tibias masquant le pilier :

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catacombes (18)Enfin, juste avant de remonter à la surface, les « fontis » mis en scène, ce sont les effondrements des voies et des maisons au dessus des carrières, celui ci a été consolidé :

catacombes (19)En résumé:

Une attente (queue)  de 1 H 55 mn, (sous le soleil, et aussi la pluie et la grêle, magie des giboulées de mars,

nous avons passé une bonne heure dans ces galeries,

nous étions vraiment tranquilles, (il ne peut y avoir que 200 personnes au fond)

difficile de prendre des photos de bonne qualité, pas de flash!

une visite très « exotique » !

 

Palais Bourbon 3

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Dernière partie de notre visite au palais Bourbon !

Après avoir quitté Victor Hugo, le premier des européens, nous entrons à présent dans la salle Casimir-Perrier. Elle est inspirée des basiliques romaines, sa voûte est recouverte de caissons :

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ass nationale (2)Le salon Casimir-Perier est la salle que traversent les ministres lorsqu’ils se rendent, venant de la cour d’honneur,  dans la salle des Séances.

casimir perrier