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Le musée Pompidou de Metz

La semaine passée, profitant de courtes vacances en Moselle, nous avons parcouru les salles du Centre Pompidou à Metz.
Ce Centre, ouvert en 2010, présente des expositions d’oeuvres issues du musée Pompidou de Paris, surnommé Beaubourg.

Voici le musée à Metz, aussi extravagant que son « papounet » de Paris, mais même dans une ville aussi classique que Metz, il ne semble pas trop saugrenu ou dépaysant.

 

Une maquette de Beaubourg trône dans une salle très colorée :

Etrange voyage parmi les oeuvres venant essentiellement du monde de l’art moderne. Pas trop ma tasse de thé, mais malgré tout, j’ai bien apprécié cette balade initiatique dans l’art contemporain.

En ce moment il y a 3 expositions.

La première, dans la grande salle, est nommée « l’Aventure de la couleur ».

«J’ai plaisir à travailler avec la couleur, et plus précisément – pour utiliser un grand mot – avec la couleur comme pensée. La couleur offre pour moi la possibilité d’introduire quelque chose de l’ordre de la philosophie ou de la pensée, mais sans mots. » Daniel Buren

Nicolas de Stael, les musiciens, souvenir de Sydney Bechet, 1953 :

François Morellet, 6 répartitions aléatoires de 4 carrés noirs et blancs d’après les chiffres pairs et impairs du nombre Pi, 1958 :

(bizarre, non? je m’interroge, suis je si opaque à l’art contemporain 🙄  ? )

« Jamais par la ligne, on n’a pu créer dans la peinture une quatrième, cinquième ou une quelconque autre dimension ; seule, la couleur peut tenter de réussir cet exploit. La monochromie est la seule manière physique de peindre permettant d’atteindre à l’absolu spirituel. » Yves Klein

Le bleu Klein, pigments purs éclatants (re-création d’une installation de 1957) (impressionnant)  :

« Dessiner avec des ciseaux. Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. » Henri Matisse

Sam Francis, sans titre, 1978 :

Maurice de Vlaminck, les côteaux de Rueil, 1906 :

(J’aime bien cette petite peinture 🙂 )

La superbe palette du peintre Vassily Kandinsky :

La deuxième exposition, « Habiter le temps », est celle concernant le peintre, sculpteur et philosophe Lee Ufan (né en Corée, il vit et travaille entre Paris et Kamakura au Japon) :

Jean-Marie Gallais, commissaire de l’exposition, explique : « Ce n’est pas une rétrospective au sens classique du terme, il s’agit plutôt d’une traversée de l’œuvre dans sa quête de redéfinition de l’art.

Lee Ufan : « Ce qu’il y a à voir est ce que vous ne voyez pas. ».

« Chaque coup de pinceau est un moment dans le temps, irréversible ».

Pour accompagner cette expérience, le compositeur Ryuichi Sakamoto a composé une bande-son pour l’exposition, en résonance avec les matériaux, la poésie et la philosophie du travail de Lee Ufan.

Autour de ses grands thèmes de prédilection que sont les relations entre les choses et l’espace qui les environne, entre le plein et le vide, mais aussi le dialogue entre le faire et le non-faire, l’exposition propose une déambulation-méditation où s’incarne sa conception très personnelle de l’art contemporain.

On se surprend à méditer devant les tableaux et les sculptures de Lee Ufan.

Créant des ponts entre la réflexion philosophique et les arts visuels, ses œuvres se présentent comme autant d’expériences à vivre. Si ses sculptures et environnements jouent avec l’espace, ses peintures interagissent davantage avec le temps. Lee Ufan cherche toujours à apprivoiser l’infini et à « habiter le temps ».

Ici, nous sommes devant deux états du monde minéral, l’un, brut et ancien, l’autre totalement transformé par l’Homme, pour ses besoins :

La troisième exposition est nommée « Peindre la nuit ». Elle se termine ce lundi.

Du 13 octobre 2018 au 15 avril 2019, le Centre Pompidou-Metz consacre une exposition de grande ampleur au thème de la nuit dans la peinture moderne et contemporaine,
Source d’inspiration majeure de l’histoire de l’art, la nuit demeure aujourd’hui encore un terrain d’expériences fécond.

Une oeuvre joliment colorée de Claude Monet, Leicester square, 1900/1901 :

À travers une approche liée à la perception de la nuit plutôt qu’à son iconographie, l’exposition se présente elle-même comme une expérience nocturne, une déambulation qui transforme le visiteur en noctambule, et qui transmet ce vertige que procure la nuit : vertige des sens, vertige intérieur, vertige cosmique. On avance dans l’exposition comme on avance dans la nuit.

Une lune anonyme sugpiaq, Alaska, 19ème siècle:

Quelques peintures plus colorées dans cet univers noir, Louise Bourgeois, Beautiful Night, 2004 :

Fidèle à l’esprit des expositions du Centre Pompidou-Metz, l’exposition ne se limite pas de manière exclusive à la peinture, bien que centrale, mais offre résonances et parallèles avec la musique la littérature, la vidéo et la photographie.

Une très belle peinture, Peter Doig, Milky Way (Voie Lactée), 1990 :

Edvard Munch, Rencontre dans l’espace, 1889 :

Elle rassemble une centaine d’artistes, de figures historiques et d’artistes contemporains ainsi que de spectaculaires installations dont certaines sont conçues spécialement pour ce projet.

Une monumentale et magnifique tapisserie de laine, d’après l’oeuvre de Max Ernst, La Comète, 1959 :

Sans oublier une toile de Pablo Picasso, Femme nue couchée, 1936 :

(il s’agirait de sa femme qui devait être bizarroïde 😆 )

Encore un joli tableau, celui de Henri-Edmond Cross, dit Delacroix, Paysage avec Etoiles, vers 1905/1908 :

Et enfin, une toile de Augusto Giacometti, Ciel Etoilé, 1917 :

Pour terminer ce catalogue (j’espère ne pas vous avoir perdu 😉 ), une sculpture encore une fois étonnante et amusante, Nuit enfermée dans le marbre, Charbel-Joseph H.Boutros, 2012/2014.
Le bloc de marbre s’ouvre comme un livre, et renferme en son centre 1 cm3 de nuit capturée par une nuit sans lune par l’auteur dans une forêt profonde, bon, là j’ai bien ri 😀 !

Tout le texte en italique est copié sur le site du Centre Pompidou.

Toutes les photos ont été réalisées avec le smartphone, donc petite qualité ..

Les expositions durent quelques mois, et sont renouvelées en permanence, alors si vous passez par Metz, allez perdre une heure ou deux dans ce musée majestueux.

Bonne journée à tous après cet intermède culturel fantasque et baroque !

 

 

Quelques jours à Paris

La semaine dernière, nous étions à Paris et nous en avons profité pour faire quelques visites, intéressantes, et c’est pourquoi je les partage avec vous.

En premier, nous sommes allés nous promener aux serres d’Auteuil situées juste à côté du stade de tennis de Roland-Garros (à l’ouest de Paris, à côté du bois de Boulogne).

Dans le petit parc mitoyen :

C’est en lisant un intéressant article de Aude sur ces fameuses serres que j’ai eu l’idée d’y aller.

Il y a quelques années, une polémique a éclatée, car le stade de Roland-Garros étant trop petit, la ville de Paris et la fédération de tennis ont proposé de détruire les serres pour agrandir le stade. Donc certaines serres ont été détruites, et une nouvelle, très contemporaine, a été édifiée récemment.

Dans le palmarium, les poissons se sont regroupés, pensant que nous allions les nourrir !

Les oiseaux exotiques remplissent de leurs chants et de leurs cris cette immense serre :

J’ai trouvé les serres chaudes relativement vétustes, mais bien achalandées.

Dattier du désert :

Acacia nilotica :

Le caféier :

La nouvelle et immense serre  a été construite sur le site, et nous sommes malchanceux, car elle était inaugurée le jour où nous y étions (avec beaucoup de VIP, dont nous ne faisons pas partie 😉 ), et ouverte au public le lendemain 😆 (exceptionnellement)..

Il ne nous reste plus qu’à y retourner !

Triplaris brasiliana:

Ensuite, j’ai beaucoup apprécié une exposition au musée Jacquemart-André, sur le peintre danois Vilhelm Hammershøi (1864-1916), le maître de la peinture danoise.

« Découvert à Paris au Petit Palais en 1987 puis à Orsay en 1997, Hammershøi fascine par ses peintures représentant des intérieurs vides et subtils où figure parfois la silhouette d’une femme de dos, dans des gammes de gris et de blanc. »

 

Les tableaux présents montrent l’atmosphère mystérieuse et poétique qui se dégage de ses tableaux étranges.

Dans la plupart de ses oeuvres, figure sa femme Ida, souvent de dos, et statique.

Absolument déconcertant !

Ce cou gracieux m’a émue :

Les tableaux exposés montrent essentiellement le vie intime de ce peintre.

Les nuances grises de ses tableaux montrent une nature profonde introvertie et presque neurasthénique. Il y a quelques paysages presque vides mais particulièrement beaux.
J’ai beaucoup apprécié ce côté mélancolique.

Nous avons passé une bonne soirée au théâtre Fontaine, devant deux musiciens géniaux et particulièrement inventifs dans le burlesque et l’humour, « La Framboise Frivole ».

Spectacle très difficile à décrire, les musiciens mêlant musique classique, musiques populaires françaises et anglaises avec des chansons complètement détournées, avec humour, jeux de mots en interprétant brillamment les morceaux choisis.

A voir absolument si vous en avez l’occasion! J’ai beaucoup ri 🙂

Pour terminer, trois expositions sur l’eau extrêmement didactiques, et le dérèglement climatique, à l’Aquarium de la Porte Dorée.

Edifiant …

Si nous n’y prenons garde, bientôt l’eau sera l’enjeu des prochaines guerres ..

 

Raie oclée d’eau douce :

Tortue à tête de cochon :

Poisson licorne, arrivé à l’aquarium en 2000 sous forme de larve, n’est il pas rigolo ?

Cette grande photo d’un magnifique ours blanc dans l’exposition m’a inquiétée :

Des Bernaches du Canada sur le plan d’eau juste à côté du musée (parc de Vincennes):

Bon, restons positif, je vous souhaite une belle journée au soleil, au jardin ou ailleurs 🙂 !

 

S’il te plait, dessine moi un jardin

Charlotte, du blog « Le jardin du chat vert », nous propose de présenter un tableau qui fait « vibrer notre corde sensible de jardinier ».

Il y a plusieurs tableaux qui entrainent mon âme dans des jardins imaginaires (ou pas), mais il y en a un qui m’a littéralement « scotchée » lorsque je l’ai vu au musée Marmottan, à Paris, c’est « le cerisier » de Berthe Morisot.

Je n’observe pas complètement le thème imposé, mais le verger fait partie intégrante du jardin, alors j’assume mon côté sucré !

Cette peintre étant ma préférée entre toutes, je voulais ainsi lui rendre hommage !

Je trouve ce tableau si charmant, si désuet, si frais, que l’émotion arrive quand j’imagine Berthe peignant sa fille Julie Manet et sa nièce Jeannie Gobillard.

Le Cerisier, 1891, Berthe Morisot, à Mézy-sur-Seine, dans le jardin de la maison Blotière :

berthe-morisot-le-cerisier

Sur le site du musée :

Huile sur toile, 154 × 80 cm, musée Marmottan Monet, Paris.  « Cette charmante œuvre, comme saisie sur le vif dans la lumière de printemps, est en fait l’inverse de ce qu’elle paraît : une peinture méditée, conduite en de multiples études, après maints efforts et changements de modèles. Elle est, de plus, menée en un temps de détresse, entre la maladie et la mort de son mari, ce que le spectateur ne peut imaginer en contemplant cette joyeuse cueillette… Commencée par un dessin aux crayons de couleur pris sur le vif, l’œuvre définitive est menée à bien sur les encouragements de Renoir, après maintes études de détail et d’ensemble… La qualité graphique de la composition, orchestrée autour de l’échelle, ainsi que la souplesse de la touche, toujours vive mais plus longue, dessinant dans la couleur formes et silhouettes, repose sur cette multiplicité d’études sans rien perdre de naturel. » (Dossier de presse de l’exposition 2012, musée Marmottan Monet)

 

Et comme je ne boude pas mon plaisir, je vous propose un second tableau, vu au musée d’Orsay, à Paris, que j’admire aussi beaucoup, tant il semble vivant (on dirait une photo). Rosa Bonheur est une grande peintre !

Et là c’est mon coté campagnard que j’assume, les animaux de la ferme m’ont toujours fait craquer..

Il s’agit du tableau intitulé Labourage nivernais ou Le sombrage, 1849, Rosa Bonheur :

rosa-bonheur-labourage-nivernais

 Sur le site du musée :

Datée de 1849, cette scène décrit le premier labour, appelé sombrage, que l’on effectue au début de l’automne […].

C’est d’abord une scène animalière, dont les héros sont les boeufs eux-mêmes, qui laisse peu de place à l’homme : le bouvier est bien petit sur cette toile. C’est un hymne au travail des champs dont la grandeur est d’autant plus magnifiée qu’il est aisé de l’opposer, en ces lendemains de révolution, aux turpitudes de la ville. C’est également une reconnaissance de la province, ici le Nivernais, de ses traditions agricoles et de ses paysages.

 

Bonne journée à tous, au soleil j’espère !

 

 

Château de Suscinio

Une belle journée s’annonçant, nous sommes partis en vadrouille dans la presqu’ile de Rhuys, qui ferme le côté sud du golfe du Morbihan.

Avec dans l’idée d’aller visiter le château de Suscinio, situé sur la commune de Sarzeau, entre marais et plage, dans le sud de la presqu’ile.

Localisation

Cliquez sur les photos.

Le château vu du marais :

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Cette belle bâtisse existe depuis le début du 13ème siècle, édifiée sur les ruines d’un prieuré, dans les marais de la presqu’ile de Rhuys. Le château a été construit au milieu des bois (« Suscinio » viendrait de « souche d’arbre » ou de « au dessus du marais »), où le gibier (chevreuils, sangliers, cerfs) abondait, ainsi que les poissons, tant la presqu’ile est riche en marais et rivières.

Malgré son allure de forteresse, le château n’a jamais eu une fonction militaire.

C’était une des résidences préférées des ducs de Bretagne, du début du 13ème siècle, jusqu’au milieu du 15ème siècle, où les ducs préfèrent alors Nantes à Suscinio.

Le château n’était occupé que quelques jours par an, et en dehors de ces périodes, il était complètement vidé de son mobilier, des tentures, de la vaisselle, qui voyageaient avec la cour des ducs de Bretagne (« hôtel » du duc : toute sa cour, « tinel » : partie de la cour qui suit le duc dans ses voyages).

Passé à la couronne de France, il est peu à peu abandonné et, faute d’entretien, il devient une ruine.

Le voici fin 19ème siècle :

B C

F

Après la révolution, en 1798, il est exploité comme carrière de pierres, et toutes les menuiseries sont vendues (poutres, fenêtres, portes, etc..).

En 1840, sous Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments, il est classé dans la catégorie « ruines ».

En 1965, le département du Morbihan l’achète et s’ensuit 30 années de restauration.

Travaux de consolidation des bâtiments, re-creusement des douves en 1968, réaménagement du logis est de 1977 à 1984, toitures à l’identique du logis ouest entre 1994 et 1997 et du logis est entre 1999 et 2001 (des archives précises sur la nature, les matériaux utilisés, ont permis la restitution fidèle).

Le château vu de la plage :

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Le château de Suscinio a retrouvé sa forme de forteresse médiévale.

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Voyez les cerfs sculptés sur les armoiries au dessus du pont levis :

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La visite du château commence par le logis est.

Dans le logis est, chacun des 3 étages s’organise autour de 3 salles principales, la grande salle, la chambrer à parer et la chambre de retrait. On y trouvait dans chaque pièce des latrines, et au niveau de la chambre du duc, une étuve, chauffée comme chez les Romains, par le sol !

La cheminée de la grande salle du 1er étage :

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On a retrouvé dans le château de petits trésors (du moins à mes yeux), une grande jatte et un bol quadrilobée :

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Le connétable Olivier de Clisson :

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L’escalier ducal :

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La chambre de retrait du duc (sorte de cabinet privé). On y trouve une grande cheminée, et des fenêtre à meneaux et coussièges ( sièges en pierre recouverts de coussins où les femmes venaient coudre à la lumière du jour) :

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Dans la grande salle du 2ème étage, très lumineuse, lieu de représentation, on remarque un petit gradin sous une fenêtre décorée de quadrilobes. On y exposait les plus belles pièces d’orfèvrerie :

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En face une cheminée, (avec thermostat, bien sûr, repéré tout de suite par mon chéri, 😛 ), et au fond, l’ouverture vers la chapelle :

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Des fouilles archéologiques, autour du château, ont découvert en 1975, dans les restes d’une chapelle hors-les-murs, incendiée en 1370, un pavement absolument superbe, d’environ 270 m2 et composé de 30 000 pavés. Ceux ci ont été restaurés et une partie est exposée dans une salle du logis :

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Une petite expo explique l’origine des pavés tout au long des siècles :

De haut en bas et de droite à gauche: les plus anciens, de type angevin, réservés aux églises et édifices somptueux, puis les carreaux de moins bonne qualité, mais de même type, les décors de faïence, cuits à très haute température, (dessins d’animaux étranges ou de personnages) et enfin les décors muraux, peints directement sur les murs.

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Dans la cour, les fouilles continuent, et on aperçoit un petit bout de la courtine nord (chemin de ronde) et le logis ouest :

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La tour du logis ouest, depuis la courtine :

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Un gros travail : la pose des ardoise (made in Bretagne) :

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L’étang (8 ha) :

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La tour de l’épervier :

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Le logis est, la cour, « habillée « de plusieurs bâtiments qui ont aujourd’hui disparu, (regardez la cheminée au dessus du vide à droite) et le puits :22

Les travaux continuent dans le logis ouest. C’était une résidence d’alliés et d’invités, il sera ouvert au public cette année :

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Sous la courtine nord, un bâtiment existait, il est en cours de fouilles :

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Le logis sud, encore en ruines :

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Si vous êtes arrivé(e) jusque là, bravo !!

C’est la qualité de la restauration que je voulais mettre en valeur en plus de la beauté de ce magnifique château, et j’espère que vous aurez ainsi envie d’aller le visiter !

Bonne journée !

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Lyon, musée des Confluences

Il y a quelques jours j’ai parcouru les collections permanentes du musée des Confluences à Lyon.

Ce musée, de facture très moderne, futuriste, inauguré en décembre 2014, est situé, comme son nom l’indique, à l’endroit précis où le Rhône et la Saône se rejoignent au sud de la presqu’ile de Lyon.

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 Ce musée, très original, n’est pas seulement situé à la confluences de 2 fleuves, aux portes de la ville, mais aussi se veut le musée des confluences des savoirs.

« C’est la Terre depuis les origines, et l’humanité dans son histoire et sa géographie que le musée des Confluences interroge. »

« Avec pour défi de s’adresser au plus grand nombre, le musée convie toutes les disciplines à susciter la curiosité, l’interrogation, le plaisir de comprendre et l’envie de connaissances. »

Peut on résumer le projet de ce musée, la vie des origines à nos jours ?

Je dois avouer que j’ai eu du mal à bien comprendre le fil conducteur des collections permanentes de ce musée, entre sciences et techniques, entre archéologie et ethnologie ..

Il faut parcourir les salles sans à priori .. alors la promenade au milieu des collections aura du sens!

IL faut ajouter que du point de vue artistique, la conception de la mise en place des collections est mise en oeuvre avec goût et esthétisme.

Dans les collections permanentes, 4 grandes salles présentent chacune un thème, dont voici quelques clichés, parfois de mauvaise qualité, car l’obscurité domine dans ces salles.

Tout d’abord, les Sciences Naturelles.

La première salle présente  « les Origines », avec les sciences de la terre, qui témoignent de la naissance de la vie sur terre, de l’évolution du vivant et de l’incroyable biodiversité (espèces disparues et en voie de disparition).

La petite femme de Florès, et la femme de Néanderthal, et entre les 2, une femme de notre espèce :

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Quelques éléments de paléontologie :

Un archosaures piégé (à l’origine des crocodiles) :

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Un nid d’oeufs de sauropodes (dinosaures) :

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Le camarasaurus (moins 155 millions d’années) :

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Ce mammouth, dit de Challans, a été retrouvé en 1859 à 2 km du musée :

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Une collection très impressionnante d’ammonites (j’ai un gros faible pour ces espèces) : 6 7

Des mammifères d’aujourd’hui :

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L’approche de cette exposition est tant scientifique que symbolique.

Le Grand Corbeau (oeuvre du Canadien Illauq, dans un os de baleine) :

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Un calendrier maya :

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En fin de parcours de cette première salle se trouve la partie pétrologie et minéralogie (la collection publique la plus importante de France).

Des morceaux de la lune, tombés sur terre :

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Momie de bélier sacré (2ème siècle avant JC) :

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La deuxième salle, « Espèces, la maille du vivant », présente des collections des sciences de la vie, un cabinet de curiosités impressionnant ! que ce soient des specimen de vertébrés, naturalisés, ou d’invertébrés. Certaines espèces ont disparues depuis peu. (Le musée possède un million de specimen d’insectes, un demi-million de mollusques, heureusement pas tous présentés !!)

Quelle est la place de l’Homme au sein du monde vivant ?

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Y sont présentées les Sciences Humaines, dont les collections résultent de l’archéologie internationale, ainsi que de l’ethnologie essentiellement extra-européenne.

Ces collections proviennent de 4 institutions, dont le musée Guimet, le muséum d’histoire naturelle de Lyon, le musée colonial de Lyon et l’Oeuvre de la Propagation de la foi (les missionnaires).

 

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La maternité :

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Le loup de Tasmanie (espèce disparue) :

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Dans la troisième salle, les Sciences et Techniques, intitulée « Société, le théâtre des hommes », on chemine entre des collections scientifiques et techniques, d’ici ou d’ailleurs, du passé et du présent autour de la structure des sociétés.

Un métier à tisser Jacquard :15

Une robe de mariée en leds (Olivier Lapidus, 2000) :

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Armure de cheval (Japon, 17ème siècle) :

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Enfin la quatrième salle, qui m’a le plus intéressée, est celle des « Eternités, vision de l’au-delà ».

Elle est consacrée à la représentation de la mort dans l’histoire de civilisations.

Des céramiques retrouvées dans des tombes égyptiennes :

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La Dame de Koban (sépulture trouvée dans la nécropole du même nom, inhumée entre 967 et 813 avant JC) (la scénographie est intéressante, un miroir reflète le squelette) :

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J’ai beaucoup apprécié les petits films, écoutés en solo dans des sièges-cocon confortables, où médecins, psychologues, philosophes, géologues, ethnologues parlent de la vie et de la mort. Ainsi, vivra t’on éternellement un jour? ou jusqu’à 180 ans, en ayant changé tous nos organes à fur et à mesure du vieillissement? y aura t’il besoin encore de procréer? la mort va t-elle disparaitre? la terre supportera t-elle 100 milliards d’habitants? des témoignages majeurs, qui vous interrogent ..

Enfin une vue vespérale depuis le toit de cet imposant et étonnant musée (Rhône à gauche, Saône à droite) :

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Bon après midi !